Le service public et le divertissement : l’incroyable bibliothèque publique de Selangor | Livres Hebdo

Par Livres Hebdo, avec Antoine Torrens à Kuala Lampur, le 26.08.2018 à 14h47 (mis à jour le 26.08.2018 à 23h32) IFLA 2018

Le service public et le divertissement : l’incroyable bibliothèque publique de Selangor

La bibliothéque de Selangor va très loin dans l'intégration du divertissement à la bibliothéconomie avec sa salle de projection 6D. - Photo ANTOINE TORRENS

Du 24 au 30 août, Livres Hebdo vous propose chaque jour une actualité en provenance de Kuala Lampur où se déroule le 84e congrès de l'Ifla (Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques). Aujourd'hui, le directeur des Bibliothèques de la ville de Compiègne, Antoine Torrens, présente une bibliothèque qui va très loin dans le divertissement.

Antoine Torrens en direct du congrès de l'Ifla à Kuala Lampur - Photo ANTOINE TORRENS
Les bibliothèques doivent-elles uniquement être des lieux de culture et d’éducation ou peuvent-elles s’avancer dans le domaine du divertissement ? La bibliothèque Raja Tun Uda de l’État malaisien de Selangor, qui accueillait cette année l’IFLACamp, organisé par le groupe Nouveaux professionnels de l'Ifla, est peut-être l’institution qui, dans le monde, va le plus loin dans l’intégration du divertissement à la bibliothéconomie.

La bibliothèque de Selangor est avant tout un endroit époustouflant. Bordée par un vaste parc et par un lac où se détendent des nénuphars, elle est née en 2011 de la volonté du sultan de Selangor, Sharafuddin Idris Shah, qui continue d’y investir des moyens importants. Les usagers trouvaient-ils que la bibliothèque était un peu loin du centre ? Qu’à cela ne tienne, un parking de 600 places est en cours de construction à proximité.

Salles de gym et de recueillement

Sur l’essentiel de ses six vastes niveaux, la bibliothèque accueille des étagères remplies de documents, des places de lecture, des tables, des fauteuils de diverses formes... En réalité, c’est dans les salles attenantes que l’établissement marque sa différence. Selon sa directrice, Mastura Mohamad, la bibliothèque n’a pas vocation à séparer strictement la culture des autres activités humaines, spirituelles comme corporelles : on y trouve ainsi trois salles de gymnastique mais aussi deux salles de recueillement – l’une pour les femmes et l’autre pour les hommes. Cela n’a rien d’ahurissant dans ce pays très religieux qu’est la Malaisie.

La bibliothèque compte également une salle de cinéma 3D et une salle 6D, c’est-à-dire équipée d’un dispositif de simulation des sensations d’un film 3D. À quelques mètres des cinémas, la salle des sketchbooks permet aux enfants d’effectuer des créations numériques qu’ils propulsent ensuite dans un environnement commun, projeté sur le grand mur de la salle ; l’intérêt pédagogique est ici rapidement perceptible.

Trois livres lus pour accéder aux Lego

Dans la section jeunesse, l’accès aux Lego géants n’est pas libre : pour y parvenir, les enfants doivent lire trois livres puis remplir un formulaire. Ce principe de la carotte pour la lecture n’est pas isolé dans la région : en 2014, les bibliothèques de Singapour avaient conçu des sets de cartes à collectionner, distribuées aux jeunes garçons lorsqu’ils lisaient un livre.

La bibliothèque de Selangor s’inscrit donc dans une volonté de relier les différents types de divertissement mais aussi d’attirer, à travers les loisirs, vers la culture et l’éducation. Un modèle à suivre ?

L'auteur, co-coordinateur des nouveaux professionnels

Directeur des Bibliothèques de la ville de Compiègne, Antoine Torrens est également vice-président du Cfibd et co-coordinateur du groupe Nouveaux professionnels de l’Ifla.

Pour suivre en direct les informations du congrès sur Twitter : #wlic2018 @npsig et @antoinetorrens.

 
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