Par Anne-Laure Walter, Marine Durand, le 03.11.2016 à 13h05 (mis à jour le 03.11.2016 à 16h51) Lauréats

Yasmina Reza reçoit le prix Renaudot 2016

Yasmina Reza - PASCAL VICTOR/ARTCOMART/GRASSET

Babylone de Yasmina Reza (Flammarion) a été récompensé par le prix Renaudot tandis que Le monde libre d'Aude Lancelin (Les liens qui libèrent) remporte le prix Renaudot Essais et Stéphanie Janicot reçoit le prix Renaudot Poche pour La mémoire du monde: intégrale (Le Livre de poche).

Yasmina Reza a reçu le prix Renaudot 2016,  jeudi 3 novembre, pour Babylone, publié chez Flammarion, qui succède à Delphine de Vigan (D'après une histoire vraie, Lattès). C'est, avec le Goncourt pour Leïla Slimani publié chez Gallimard, un doublé pour le groupe Madrigall.  L'auteure, qui s'est sobrement félicitée que l'ouvrage soit "découvert par encore plus de gens"  a reçu six voix contre quatre pour Gaël Faye et Petit Pays (Grasset), qui n'était pas parmi les romans finalistes du prix.

Dans ce roman, l'auteure fond son petit théâtre de la cruauté dans un dispositif romanesque mettant en scène Elisabeth, qui décide d'aider son voisin qui vient de tuer sa femme pour une obscure histoire de chat. "Ce Babylone se montre à la fois grinçant, et même parfois atrocement drôle, autant que saisi d’une tendresse pour ses personnages comme égarés à eux-mêmes, à leur vie", écrivait Olivier Mony dans son avant-critique publiée dans Livres Hebdo le 19 août.

Patrick Besson, président du jury Renaudot cette année, a mis en avant toute l'œuvre de Yasmina Reza au delà de Babylone, expliquant que les jurés avaient aussi "sacré une œuvre". "C'est un plaisir de couronner trois lauréates", a également remarqué Patrick Besson.Vendu à 28 000 exemplaires, le roman était 17e du Palmarès des libraires de Livres Hebdo (23 septembre).

Renaudot Essais

Pour les essais, le jury du Renaudot a choisi, après 10 tours, Le monde libre d'Aude Lancelin, paru aux Liens qui libèrent.  La journaliste, écartée en mai de la direction adjointe de L'Obs, pointe les failles du système médiatique français, dénonçant la décadence d'un métier et l'instauration d'une police intellectuelle. Son ouvrage s'est vendu à 1 000 exemplaires.

Frédéric Beigbeder, membre du jury, n'avait pas caché sa préférence pour le livre, notamment dans sa chronique hebdomadaire sur France Inter, en évoquant le parallèle avec le conflit entre les journalistes d'iTélé et la direction du groupe Canal+. Jérôme Garcin, juré du Renaudot et par ailleurs rédacteur en chef du service culture de L'Obs, a pour sa part refusé de commenter le palmarès. 

Renaudot Poche

Pour le poche, le jury du Renaudot a sacré Stéphanie Janicot pour La mémoire du monde: intégrale, paru le 3 novembre au Livre de poche, qui suit une femme dans un voyage à travers les siècles pour expérimenter la condition humaine.
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