Par Clarisse Normand, le 07.09.2016 à 16h36 (mis à jour le 07.09.2016 à 19h49) - 7 commentaires Rentrée littéraire 2016

Première sélection du prix Wepler 2016

Natacha Appanah. - CATHERINE HÉLIE/GALLIMARD

Le jury du prix Wepler-Fondation la Poste a rendu publique la liste de ses treize auteurs nommés pour le prix qui sera décerné le 14 novembre.
 

Pour sa 19e édition, le prix Wepler-Fondation la Poste, qui, comme chaque année, a intégralement renouvelé son jury composé de lecteurs et de professionnels, a présélectionné treize titres de la rentrée littéraire, faisant la part belle aux petits éditeurs, même si Gallimard et Fayard placent deux titres chacun :
 
  • Tropique de la violence de Natacha Appanah (Gallimard) ;
  • Histoire du lion Personne de Stéphane Audeguy (Seuil) ;
  • Vie prolongée d’Arthur Rimbaud de Thierry Beinstinguel (Fayard) ;
  • Déserteur de Boris Bergmann (Calmann-Lévy) ;
  • Retour à Ostende de Benoît Damon (Champ Vallon) ;
  • Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo (Galliard) ;
  • Comment construire une cathédrale de Mark Greene (Plein Jour) ;
  • Le garçon de Marcus Malte (Zulma) ;
  • Légende de Sylvain Prudhomme (Gallimard/L’Arbalète) ;
  • La main de Tristan d’Olivier Steiner (Editions des Busclats) ;
  • Les états et empires du lotissement Grand siècle : archéologie d’une utopie de Fanny Taillandier (PUF) ;
  • La légende de Philippe Vasset (Fayard) ;
  • Anguille sous roche d’Ali Zamir (Le Tripode).
 
Deux titres seront sélectionnés, le prix et la mention spéciale dotés respectivement  de 10 000 et 3000 euros. Les lauréats seront proclamés le 14 novembre à la brasserie Wepler à Paris, partenaire de la structure organisatrice, l’association Verbes créée par la librairie des Abbesses (Paris 18e).
 

7 commentaires déjà postés

mahdi - il y a 1 an à 17 h 13

Les nuits de vendredi sont les plus lentes pour Yasmine, Lola est rentrée chez elle pour rendre visite à ses parents. Elle attend son retour avec impatience, elle ne peut pas se séparer d’elle. Elle est son guide, son amour et son éclaireur dans les moments de doutes. A sa fenêtre, Yasmine attendait Lola. Viendrait-elle ? Je ne sais pas comment je pourrais m’en sortir sans ce bijou que dieu m’a offert. Je l’aime et j’adore sa simplicité. Elle enseigne la chariaa et ne porte pas de voile. Elle parle à ses élèves de l’amour, de la vie et du travail. Elle leur rappelle souvent que l’Islam est venu rappeler aux gens qu’ils doivent vivre ensemble dans la paix et la sérénité. En fait, pour elle lorsqu’on est humain, on est déjà religieux. Lorsqu’on est religieux, on n’a pas besoin d’en parler. Les gens savent discerner entre le bien et le mal sans être des exégètes. La barbe, le voile, les kamis et la tache figée au front, ne sont que des signes ostentatoires qui peuvent tromper. Vous voyez, on est beaucoup plus porter sur elmadhahir que sur les vérités, sur les mensonges que sur l’honnêteté et sur le paraître que sur le travail. Ah, j’ai vraiment envie d’assister à ses cours. Elle est vraiment géniale cette Lola ! Yasmine, ne sait pas pourquoi elle l’aime, mais elle pense qu’elle ne peut pas se séparer d’elle. Rencontrer une fille compréhensive et tolérante comme Lola en ces temps d’intolérance, d’ignorance, de mépris et de haine est salvateur pour Yasmine. Les appels à la violence s’intensifient et ciblent toute personne aimant la vie et répandant l’amour autour d’elle. Il faut faire peur au peuple, semer la peur partout, tel est l’objectif de ces ingrats, ignorants et malpropres. Ils sont incapables de réfléchir et quand ils leur arrivent de réfléchir, ils accouchent d’un extrémisme, repoussant et agressif. La vie ressemble à la mort à coté de ces ingrats ! Vivre ailleurs serait-elle la solution pour une âme si fragile et si belle comme la mienne ? Mais où ailleurs Yasmine se dit-elle, mais où ailleurs Elhara répète-elle ? extrait du roman : Terre d’adieux de Rachid chibane, éditions muse 2016.

said - il y a 1 an à 10 h 44

un roman intéressant, il est disponible en Algérie?

laurent - il y a 1 an à 10 h 46

un roman simple et attirant, je vous conseille vivement de l'acquérire.

malik - il y a 10 mois à 09 h 42

oui; un roman qui revient sur la souffrance d'une élite algérienne marginalisée et décriées dans sa terre natale. Yasmine, une rescapée de la décennie noire observe avec amertume le retournement de certains de ses collègues qui ont oubliés leurs camarades assassinés par les terroristes.

christian - il y a 1 an à 10 h 48

Le roman Terre d’adieux est la première expérience littéraire de Rachid Chibane, enseignant au centre universitaire de Tindouf. Sorti récemment aux éditions Muse, le livre, 64 pages, revient sur les années 1990, une période douloureuse marquée par des assassinats et des attentats perpétrés par les islamistes intégristes. Dans Terre d’adieux, l’auteur raconte l'histoire d'une journaliste, Yasmine Elhara, à la fois “têtue et courageuse”, qui est menacée de mort par les terroristes si elle n’abandonne pas son métier. Mais Yasmine n’est pas prête à céder, encore moins à renoncer à ce travail qu’elle a toujours aimé exercer et ce, depuis son enfance. Elle a du mal à accepter la fuite et le reniement, alors que sa meilleure amie Kenza a été assassinée par ces mêmes terroristes. Bien au contraire, elle compte honorer la mémoire de la victime. Et, pour mettre à l’épreuve cette jeune journaliste, Rachid Chibane, s’inspirant peut-être de certaines tranches de vie, a créé le personnage de Moufak, un homme dont Yasmine est amoureuse, mais qui a rejoint le camp des semeurs de la mort. Faisant face aux menaces terroristes, la journaliste devra choisir entre la poursuite de “son combat” avec la plume ou l’exil, c’est-à-dire quitter la “terre d’adieux”. Interpellé sur le choix du titre, l’auteur a révélé à Liberté que celui-ci lui a été dicté par “le contexte et l’actualité” : “Quand on est déçu, on est envahi par un sentiment d’adieu, on veut juste s’éclipser pour un moment, dans l’espoir que d’autres réévaluent la situation, reconsidèrent leurs actions et reviennent à la raison”. Pour Rachid Chibane, l’adieu est en fait “un sentiment humain, un message, voire un appel de détresse”, qui peut cependant contribuer à l’“éveil” de l’humain. Plus loin, l’auteur a reconnu que sa première expérience littéraire a été pénible, car “écrire en langue française est un exercice difficile pour moi”. Le jeune écrivain s’est, d’ailleurs, présenté comme un citoyen appartenant à “cette nouvelle génération qui est vite taclée par l’ancienne, lorsqu’il s’agit du niveau de maîtrise du français”. Aussi, confessera-t-il que son roman a été écrit sous un double contrôle : “ne pas décevoir sur le plan linguistique et essayer d’atténuer les critiques des puristes” et “la peur de se laisser dévoiler facilement par le lecteur”. Un nouveau livre au programme ? Oui, Chibane prépare un nouveau roman qui s’inspirera, cette fois-ci, du désert : “J’explore une autre vision du monde que, peut-être, nous autres nordistes ne connaissons pas encore”. Hafida Ameyar Roman Terre d’adieux de Rachid Chibane, Éditions Muse, 2016, 64 pages.

farid - il y a 1 an à 10 h 54

Rachid Chibane, docteur en sciences du langage, vient d’éditer son premier roman intitulé » Terre d’adieux » aux éditions Muse dont la préface réalisée par Said Arab, écrivain, auteur de » mon Algérie à moi ». Par Roza Drik : Le roman est composé de VIII chapitres : le doute, repères, un voyage dans l’enfer, le lit de la discorde, la liberté confisquée, une virée à Alger, les regrets. L’auteur dans son roman, revient sur une période douloureuse de l’Algérie marquée par des années sanglantes de terrorisme et de violence, où il raconte l’histoire de Yasmine Elhara une journaliste avide de la vie, et de la liberté est sommée d’abandonner son métier sous peine d’être exécutée par les islamistes de l’époque. Têtue et courageuse, Yasmine ne semble pas être prête à renoncer à son rêve d’enfance, et surtout que sa meilleure amie Kenza est assassinée par ces mêmes terroristes. Comment elle poursuit son rêve, et fait face à des menaces venues de partout, Elhara lutte durement contre la violence et compte ainsi honorer la mémoire de son amie Kenza. Sa vie est partagée entre sa volonté de poursuivre son combat, et son désir de vivre librement loin des regards haineux des gens. Moufak, son amour est séduit par cette violence, et finit par devenir son instigateur, Yasmine se sent abandonnée, et rejetée par une société, qui semble faire de la violence une culture nationale, elle songe à quitter ce qu’elle appelle la terre d’adieux. R.D. Entretien avec l’auteur : L’héroïne quitte le roman Etant une prémice prometteuse du romancier Rachid Chibane, nous avons jugé utile de l’interroger sur nombre de questions relatives à sa première œuvre littéraire, qui renseigne sur l’émergence d’une voix romanesque distinguée. Tribune des Lecteurs : Terre d’adieux, en cette période de crise, et de précarité ? Y’ aurait-il vraiment un lien ? Rachid Chibane : il y a quelque part un lien, même si peut être pour certains ce lien n’est pas tout à fait apparent. Une terre à laquelle on fait des adieux est certainement une terre, qui déçoit, elle rend le quotidien des gens, qui y vivent difficile, elle semble les pousser au départ. On fait aussi des adieux à quelqu’un qu’on aime dans l’espoir de le revoir aussi. Les adieux sont souvent douloureux, il y a, donc, un lien aussi entre la douleur, le désespoir, le doute, et l’adieu. L’adieu est accompagné d’une séparation voulue ou forcée. Toutefois, l’adieu est un changement, un changement dans et par le déplacement. Dans le roman, Yasmine Elhara, l’héroïne principale fait des adieux à sa terre natale, sans pour autant changer de lieu, sans se déplacer. Il n’ ya pas eu de déterritorialisation, elle n’a jamais effectué ce déplacement, elle souhaitait le faire mais elle ne l’a jamais effectué. La terre est toujours peuplée, mais le changement ne se produit pas. Il y’ a beaucoup de choses dont on doit savoir se séparer pour réaliser un changement, pour se transformer. L’immobilisme est donc synonyme de crise, de blocage, et de précarité. Terre d’adieux lutte contre tout ça, elle résiste, et fait face à plusieurs contradictions, qui déstabilisent et perturbent son quotidien. Il de votre première expérience dans l’écriture ? Outre le travail académique que je mène, celle là est la première expérience littéraire rendue publique. Est le motif qui vous poussez à revenir sur la décennie noire, et le combat de cette héroïne Yasmine Elhara (journaliste)? Je n’ai aucun motif personnel, je n’ai rien planifié. Je suis au même titre que tous les Algériens marqué, et interpellé par les événements sociopolitiques, qui ont marqué notre pays. La résistance contre la violence, et l’extrémisme de l’époque mérite d’être salué. Un travail de mémoire est toujours nécessaire pour comprendre le présent, et savoir comment aborder le futur. Yasmine Elhara est une rescapée, son témoignage peut être utile dans ce sens. Est-ce que vous avez déjà exercé le journalisme ? Oui pour peu de temps dans un quotidien national. J’ai dû abandonner pour faire autre chose. Les personnages choisis sont-ils réels ? Les personnages son fictifs. Les noms sont souvent inventés. Yasmine Elhara, un personnage féminin, qui incarne cette lutte ? Vous savez au début, je voulais donner comme titre à ce roman « les femmes qui marchent », inspiré par le roman de l’écrivaine algérienne Malika Mokadem « les hommes qui marchent ». Yasmine Elhara fait partie de ses femmes, qui marchent, elle interroge son enfance, son adolescence pour trouver des réponses à son présent. Ayant la ferme conviction d’avoir été l’enfant mal aimée, Yasmine Elhara fouille dans son passé afin de se guérir de ce qui été à l’origine de son malaise, et de trouver, enfin, un apaisement. Elle est en quête d’une nouvelle identité autre que celle qu’on lui a assignée. Avec la montée de l’intégrisme, le rétablissement d’une nouvelle identité se fait en référence à ses origines, et à la terre de ses ancêtres. Toutefois, cette identification au passé passe aussi par une transgression de tous les interdits, pour mieux marquer son refus de se conformer au modèle de soumission de la femme. Yasmine Elharan est, donc, un personnage, qui interroge l’espace, et le temps pour retrouver ses repères. Cette quête identitaire ne s’accomplit pas, puisque le roman nous ne dit pas est-ce que Yasmine a finit par retrouver son père, ou pas ? Yasmine ne guérit pas, elle a tenté de guérir d’une enfance affectée par l’absence de son père en faisant recours à l’écriture. La rencontre avec son père, premier responsable de son malaise n’a pas eu lieu. Les moyens de guérison adoptés n’ont pas cicatrisé ses blessures. Arrivera-t-elle au bout de la souffrance ? Laissons le lecteur découvrir la suite. Le mot de la fin. Je tiens à remercier mon ami Said Arab, jeune écrivain, qui a bien voulu rédiger la préface de ce livre. Je remercie aussi tous les étudiants, et les amis qui m’ont fait l’honneur de me lire, et de me faire profiter avec leurs appréciations. Réalisé par : R.D.

dahmane - il y a 1 an à 10 h 58

Présentation de Terre d’adieux de rachid chibane par Said Arab. Déclaré récemment Docteur d’état en sciences du langage avec mention "très honorable", Rachid Chibane nous présente son premier roman : Terre d’adieux. Certes je n’ai pas eu l’honneur d’être son étudiant (pourtant nous avons fréquenté le même département de langue et littérature française à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou), mais j’ai eu celui de le connaitre et le côtoyer en tant qu’ami et collègue. Je peux donc témoigner de son sérieux, sa détermination et son professionnalisme, et m’incliner devant son intelligence et sa passion pour les belles lettres. Des vertus et des qualités que j’ai rencontrées au cours de ma lecture de Terre d’adieux. Quand j’ai lu le nom de Jasmine Elhara au début de ma lecture, l’interprétation qui m’a effleuré l’esprit est celle de la plante du Jasmin, que les familles algériennes aiment avoir dans la cour (Elhara) de leurs maisons, pour sentir son parfum époustouflant qu’elle dégage dans la nuit. Ensuite, au fil des pages et avec le thème du terrorisme qui domine l’histoire, j’ai pensé à Yasmina Khadra qui est connu par ses nombreux écrits sur le terrorisme, l’islamisme et l’Algérie des années 1990, et dont le nom rime avec celui de Jasmine Elhara. L’auteur s’est surement inspiré de l’un des deux ou peut être des deux à la fois. Cependant, quand j’ai terminé de lire Terre d’adieux, j’ai compris que Jasmine Elhara est l’incarnation de l’Algérie. Une Algérie qui pleure et regrette son Tahar Djaouet, écrivain et journaliste assassiné par des islamistes en 1993. Cet hommage rendu par l’auteur à Tahar Djaouet, dont il est un fidele lecteur, se trouve dans le deuxième chapitre du livre : à la mémoire de Kenza. Pendant qu’il écrivait ce chapitre, je peux même imaginer l’auteur en train d’écouter attentivement la chanson de Matoub Lounes : Kenza, qu’il a chantée pour rendre hommage à Tahar Djaouet et à sa fille qui justement s’appelle Kenza. Dans Terre d’adieux, Kenza est une journaliste assassinée par des terroristes. Elle était l’amie intime de Jasmine Elhara qui est aussi une journaliste engagée à dire la vérité et dénoncer l’injustice et la barbarie que connait l’Algérie. En lisant ces mots à la fois jolis et tristes dans le journal intime de Kenza : Quand il a choisi de dire, Si tu parles tu meurs, Quand on l’a forcé à se taire, Il a bravé la mort, Heureux ceux qui disent, Malheureux ceux qui se déguisent, Jasmine fonda en larmes et pleura son inoubliable amie. En lisant ces mots, le lecteur aura l’impression de lire un poème sur Tahar Djaouet qui a dit un jour : Si tu parles tu meurs, si tu te tais tu meurs, alors parle et meurs. Je ne peux donc m’empêcher de remercier Rachid Chibane d’avoir pensé à l’immortel Tahar Djaouet qui symbolise et symbolisera pour toujours la liberté d’expression en Algérie… Avec des noms tels que Jasmine Elhara et Kenza, je dirais que le choix des noms des personnages de Terre d’adieux, ainsi que leur sexe et leur fonction, n’était pas fait au hasard. En effet, à travers des noms comme Moufak, Lahnech, Richa, Boukoukou…l’auteur sous entend quelque chose et incite le lecteur à faire des recherches, voire les étudier et les analyser profondément, car certainement chacun de ces noms raconte un fait, voire une histoire. Le lecteur de Terre d’adieux, un roman qui tente une transgression des normes d’écriture en vigueur et qui oscille entre le roman traditionnel et le roman moderne, sera contraint d’interrompre sa lecture et parfois revenir en arrière, pour mieux comprendre l’enchainement de l’histoire. Parfois même, le lecteur ne saura pas qui parle des personnages, et est ce que le narrateur a repris la parole ou pas encore. Je pense que l’auteur a fait exprès d’opter pour un style instable à travers lequel, il rompe avec le roman traditionnel qui se caractérise par son style stable et maintenu tout au long de l’histoire. Cette rupture avec le roman traditionnelle n’est certainement pas entière, du moment que l’auteur est tellement impressionnant lorsqu’il stabilise son style, surtout dans les dernières pages du livre. Il faut admettre que son statut de linguiste lui a été d’une grande utilité dans sa description fortifiée et enrichie, grâce à un vocabulaire précis et exact. Pourquoi donc ce va et vient entre un style stable et un autre instable ? Pourquoi interrompre le lecteur après l’avoir plongé dans une lecture pleine du suspense et de désire de connaitre la suite ? Fait-il allusion à l’instabilité de l’Algérie ? Possible. Mais ce qui est sûr c’est qu’il reflète l’instabilité de Terre d’adieux qui pourrait avoir L’instabilité comme titre. En effet, l’héroïne de l’histoire, Jasmine Elhara est instable à cause de son amour pour Moufak. Une histoire d’amour entre une journaliste engagée avec un terroriste dont les compagnons ont tué Kenza, l’amie intime de Jasmine Elhara. C’est un combat entre les sentiments et les convictions auxquels le lecteur assistera et aura envie de savoir qui gagnera. A la fin, le dernier mot reviendra aux convictions, du moment que Jasmine Elhara refuse la proposition de Moufak d’abandonner le journalisme et se marier avec lui. Et encore, elle décide de combattre les islamistes par sa plume, malgré les menaces de mort qu’elle recevait. Plus cette histoire d’amour triste et amère qui cause beaucoup de peine pour Jasmine Elhara, cette dernière est déstabilisée par la mort de son amie Kenza et aussi par sa quête de son père qu’elle n’a jamais connu. Fait-il allusion au problème identitaire que connait l’Algérie ? Possible. Toujours dans le même sillage du style instable qui caractérise quelques passages de Terre d’adieux, Rachid Chibane, dans le but d’interrompre le lecteur, voire le déstabiliser, a fait exprès de commettre quelques erreurs de langue, n’est ce pas une manière à lui de rompre avec le puritanisme et le purisme ? Le connaissant bien, je suis sûr et certain que c’est un message qu’il envoie aux jeunes algériens, lui qui a préparé sa thèse de doctorat sur le langage chez les jeunes. C’est un message qui va dans le sens : nul n’est épargné des erreurs de langue, n’ayez donc pas peur de vous exprimer ! N’ayez pas honte de vos erreurs de langue. Dans cette Terre d’adieux l’amour est éternellement maudit, inutile donc d’en rajouter des mots bien faits teintés d’hypocrisie et de traitrise ! Et même se je réinvente Nedjma, combien de Kateb tomberaient amoureux d’elle ? lance-t-elle Jasmine d’Elhara. Dans Terre d’adieux, Rachid Chibane laisse manifester ses positions vis-à-vis de la liberté d’expression, la liberté de vivre et les droits de la femme en Algérie : des personnages féminins, le métier du journalisme, l’enseignement…mais aussi et surtout par l’utilisation d’un vocabulaire osé, surtout lorsqu’il raconte les rencontres de Moufak avec sa maitresse Richa. Sans aucun doute, influencé par l’auteur de La répudiation, Rachid Boudjedra, par Terre d’adieux, l’auteur veut casser et briser les tabous imposés aux algériens par les islamistes et par conséquent, ils les empêchent de penser et de s’exprimer en toute liberté. Cette prise de position si audacieuse et courageuse est à applaudir et soutenir par toute personne ayant conscience de l’importance de la liberté d’expression dans la vie, et la gravité de la violence et la brutalité qu’exerce la société algérienne sur la femme. Terre d’adieux est un titre significatif, d’un livre intéressant qui raconte une histoire conséquente, mais vu le volume du livre, cela fait d’elle une histoire qui ne dit pas tout. Je pense que c’est une histoire qui mérite plus de lignes, plus de pages, ou plutôt c’est une histoire qui nécessite plus de détails. C’est vrai que l’auteur a tout dit entre les lignes, mais j’ose lui reprocher d’avoir négligé certains détails qui auront permis au lecteur de prendre plus du temps pour lire cette histoire, et par conséquent prolonger sa curiosité et maintenir son plaisir de la lire. Saïd Arab Ecrivain, Auteur de Mon Algérie à moi.

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