Par Léopoldine Leblanc, le 03.08.2017 à 12h45 (mis à jour le 03.08.2017 à 13h00) Un premier roman par jour

Errol Henrot, "Les liens du sang" aux éditions Le Dilettante

Errol Henrot - DR/LE DILLETANTE

Durant l’été, Livres Hebdo présente chaque jour un premier roman de la rentrée littéraire 2017. Aujourd’hui, Les liens du sang de Errol Henrot, à paraître le 23 août aux éditions Le Dilettante.

Les liens du sang, premier roman d’Errol Henrot publié par Le Dilettante le 23 août, invite à une prise de conscience sur le rapport de l’humain à l’animal.

De père en fils, la famille de François travaille à l’abattoir voisin. Le jeune homme est indécis quant à son avenir et, poussé par son père, débute son nouveau poste de "tueur salarié". Malgré le dégoût des premiers instants, il tient bon et s’applique machinalement à faire ce qu’on lui demande. Chaque jour, il égorge et découpe les carcasses à un rythme infernal, au point de perdre tout élan d’âme. Lorsque son père meurt, le fils est rattrapé par les fantômes de ses cadavres quotidiens et ne peut plus supporter les épisodes de massacre auxquels il assiste. Témoin de la cruauté de certains de ses collègues, il confronte son directeur à la violence banalisée dont ils sont tous responsables et décide de fuir les lieux.
 
"Errol Henrot signe un premier roman, tendu, acéré, militant", rapporte l’avant-critique de Jean-Claude Perrier dans Livres Hebdo. L’écriture est "d’une froideur clinique", avec des "pages terribles et hallucinées, parmi les plus fortes du livre", ajoute-t-il au sujet des passages où le narrateur sombre peu à peu dans la folie.

En écho au terrible roman La Jungle d’Upton Sinclair, paru en 1906 pour dénoncer les conditions des ouvriers des abattoirs de Chicago, Errol Henrot apporte un témoignage actualisé des coulisses de l’industrie de la viande. Si le constat est accablant, le primo-romancier ponctue également son histoire de rencontres avec des éleveurs prévenants et respectueux de leurs bêtes, garants d’un lien privilégié à l’animal.
close

S’abonner à #La Lettre